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Être flexitarien, c’est mieux que rien ?

  • Point de vue
  • Lecture: 5 min
  • 12.08.2021
C’est une question que je me pose en ce moment même. Il y a encore quelques semaines, je mangeais de la viande ou du poisson quasiment à chaque repas. Aujourd’hui, les produits d’origine animale composent environ un quart de mes menus de la semaine. C’est ce qu’on appelle être flexitarien, un terme souvent décrié voire moqué pour désigner ceux qui limitent fortement leur consommation de viande et de poisson.

J’ai cherché à savoir pourquoi.

Pour quelle raison voudrait-on décourager ceux·celles qui, au moins, essaient ?

Mais alors, est-ce que ça sert à quelque chose ce que je fais ?

Flexitarisme : une définition trop… flexible ?

Celui·celle qui s’intéresse au flexitarisme et qui a le malheur de démarrer ses investigations sur Internet se retrouvera vite démotivé.

Voilà un échantillon de ce qu’on peut lire à propos du flexitarisme dans certains des articles les mieux référencés sur Google :

« (…) une invention marketing pour désigner ces végétariens à temps partiel » Marie-Claire — Demain, tous flexitariens ?

« (…) un régime encore flou récupéré par le lobby de la viande » Le Monde

« Ce nouveau buzzword à trois sous (…) » Les Inrockuptibles — Flexitariens : et si on arrêtait les flexiconneries ?

« (…) un concept marketing idéal pour l’industrie de la viande. » Libération — Le bon flexitarien et le mauvais végan ?

On reproche au flexitarisme d’être une notion trop vague, fluctuant au gré des envies de ceux·celles qui s’y attèlent. Je reconnais être moi-même sceptique devant l’étude IFOP de 2020 qui indique que 24 % des Français se considèrent comme flexitariens.

La liberté qu’offre le flexitarisme est également pointée du doigt, car elle viendrait ternir l’image des végétarien·ne·s qui seraient alors trop stricts et dogmatiques. Je suis pour ma part admirative face à ceux·celles qui ont fait le choix d’être végétarien·ne·s, et espère être capable de le devenir un jour à mon tour. C’était d’ailleurs mon ambition lorsque j’ai fait ma première semaine sans viande. Mais je suis honnête avec moi-même, et j’avance dans ma transformation au fur et à mesure de mes réflexions.

Cela étant dit, j’imagine une solution très simple pour effacer un peu du flou qui encercle la notion de flexitarisme. Il s’agit de laisser la possibilité à chaque flexitarien·ne d’écrire sa propre définition de son nouveau régime alimentaire, afin qu’il·elle puisse s’y tenir.

Par exemple, sur mes 14 repas de la semaine, je m’engage — auprès de moi-même — à ne pas faire plus de 4 repas avec des produits d’origine animale.

Être flexitarien, c’est être le colibri du 21e siècle

Si tu n’as pas compris ce titre, c’est que tu n’es sans doute pas familier·ère de la légende du colibri.
Sa tournure est peut-être un peu enfantine, presque « gnan-gnan », mais sa morale est aussi simple que juste :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Pour moi, le même schéma de pensée se cache derrière nombre de nos actions.

Tandis que 68 % de Français sont d’accord avec l’idée que nous consommons trop de viande selon l’enquête IFOP, seulement 2,2 % d’entre eux déclarent avoir adopté un régime sans viande (pescétarien, végétarien ou végétalien/végan). L’éveil individuel ne mène-t-il pas vers le réveil collectif ?

Alors oui, je pense — peut-être aussi parce que cela m’arrange — qu’être flexitarien·e c’est mieux que rien.

Je m’intéresse aux études qui vont dans ce sens et appuient mes convictions. C’est le cas de celle menée par l’université d’Oxford sur le lien entre émissions de gaz à effet de serre et régimes alimentaires :

  • Les végétarien·ne·s produisent 3,81 KgeqCO2*/jour
  • Ceux·celles qui consomment entre 50 et 90 grammes de viande par jour produisent 5,63 KgeqCO2/jour
  • Ceux·celles qui consomment plus de 100 grammes par jour produisent 7,19KgeqCO2/jour, soit presque le double qu’un végétarien.

* kilos équivalent CO2

Sans surprise, on s’aperçoit que plus un régime est carné, plus il est néfaste pour la planète.

Moi, je sais que je me situe quelque part entre ces trois résultats-là.

Et je me dis que pour l’instant, c’est déjà pas trop mal.

L’association WWF propose aussi ces deux visuels qui comparent le panier d’une famille française standard et celui d’une famille flexitarienne. Je les trouve très évocateurs.

Le flexitarisme, cela revient donc, pour un prix égal, à mieux manger tout en réduisant son impact sur la planète !

Et sa flexibilité est à mes yeux le meilleur des arguments pour qu’un plus grand nombre d’entre nous entrent dans la danse.

« Consommer des produits de meilleure qualité, avec un impact moindre sur l’environnement, est à la portée de tous. (…) Au quotidien, cela passe par des gestes simples : par exemple manger de la viande 4 fois par semaine au lieu de 6, des produits transformés seulement 2 fois par semaine et, à l’inverse, consommer plus de légumes et de céréales. »

Pascal Canfin, directeur général du WWF France

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